Une maîtrise en ergonomie, un projet cartographique que je connais par cœur, et l'envie d'aller voir ce que les utilisateurs font plutôt que ce qu'ils en disent. L'histoire d'une excuse parfaite.
Cela fait un bon moment que je songe à faire une maîtrise. Depuis la fin de mon bac, l'idée m'habite sans que j'aie jamais trouvé le bon programme ou le bon projet pour faire le saut, même si j'ai accumulé depuis pas mal de diplômes de 2e cycle, de quoi équivaloir à une maîtrise complète.
Entre ces allers-retours aux études, je me suis magasiné un programme à temps perdu beaucoup trop souvent. À l'automne 2024, enceinte jusqu'au cou, j'ai quand même fait le saut : inscription à la maîtrise en génie industriel – ergonomie à Polytechnique Montréal. Ce qui a fini par me décider, c'est la complémentarité entre les cours et mes tâches de tous les jours, et la chance d'approfondir des sujets qui me tiennent à cœur : recherche utilisateur, conception d'outils complexes, systèmes métiers. Depuis août 2025 (oui, oui, en même temps que la fin de mon congé de maternité et mon retour au travail), me revoilà donc sur les bancs d'école, à assouvir mon côté perpétuellement curieux.
Ce double retour a demandé beaucoup d'adaptation, à moi comme à toute la famille. Mais à travers les cours et les remises, une réflexion s'est mise à émerger. À mon retour au travail, l'équipe de la Ville a cru bon de me remettre sur AGIR, un projet sur lequel j'avais travaillé comme pigiste pendant plus de trois ans. En reprenant le fil de son évolution et des nouvelles demandes de fonctionnalités, plusieurs questionnements me sont revenus. Un sondage mené juste avant mon arrivée, auprès de plus de 120 utilisateurs, est venu les appuyer. J'ai relevé différents points : l'usabilité, la quantité de données présentées, sur la carte comme ailleurs, et tout ça surtout pour les utilisateurs moins fréquents, justement visés par le sondage.
J'avais trouvé l'excuse parfaite. Après avoir fait le tour des permissions nécessaires, j'ai contacté Angélique Montuwy, qui a accepté de me superviser, avec l'appui de Philippe Doyon-Poulin. Au fil de nos discussions sur les sujets possibles, c'est celui des améliorations d'interface qui s'est imposé : le plus de potentiel en recherche utilisateur, et soyons honnête, le plus de plaisir pour moi.
Après plusieurs allers-retours sur les objectifs et les méthodes, j'ai insisté sur un point : je ne voulais pas tant mesurer les points de friction que les observer. Dans mon expérience, il y a toujours un écart entre ce que les utilisateurs disent et ce qu'ils font réellement, et c'est souvent dans cet écart que se cache le plus révélateur. Je voulais profiter du projet pour aller voir les gens travailler, pour de vrai. À la lumière de ce que je cherchais à élucider et des ressources disponibles, j'ai resserré l'objectif autour d'une question : quels sont les besoins et les points de friction liés à l'usage d'une seule vue cartographique dans AGIR?
J'ai bien hâte de présenter, dans la mesure du possible, les constats et les recommandations qui en découlent — appliqués concrètement à AGIR — d'ici la fin de l'été. Le projet porte un titre que j'aime bien : Une carte, mille besoins : adapter la vue géospatiale à chaque utilisateur.